Essaouira : un héritage partagé, un patrimoine mondial

Essaouira

Essaouira est souvent assimilée au bon vivre ensemble, en effet, cette petite ville a marqué les esprits par son héritage, son histoire hors du commun mais aussi sa capacité à accueillir plusieurs communautés sous le même toit dans sa vieille médina. Cette petite ville intramuros cosmopolite a pu, depuis sa construction, célébrer le culte de la pluralité de la culture, du partage entre les couleurs de ses citoyens mais aussi à créer un tissu solide de solidarité entre tous.

L’île de Mogador

Personne ne peut prétendre s’approprier la ville de Mogador (http://www.mogador-essaouira.com), car depuis que des recherches avaient démontré que les Byzantins avaient très tôt côtoyé la ville, notamment par les monnaies retrouvées sur son île bien protégée, la ville a pris une dimension universelle. Plus tard, l’île de Mogador devient le lieu pénitencier pour les rebelles et les bannis de la cité. Ainsi, sur la plage, vous pouvez clairement vous apercevoir du minaret qui brandit sur le côté gauche de l’île. L’île abritait donc une prison qui prenait en charge ceux qui devaient purger leurs peines. Aujourd’hui, l’île est protégée par plusieurs lois nationales et internationales. En effet, l’île de Mogador accueille chaque année des flux migratoires d’oiseaux chassés par le froid du sud qui trouvent refuge dans cet espace calme et propice pour l’accouplement. Ce renouvellement du cycle de la nature a été très tôt observé par les scientifiques ce qui a donné à cette ville un statut particulier. De plus, depuis quelque temps, l’île de Mogador a été rapatriée par la communauté internationale afin de sauvegarder son statut privilégié comme étant un patrimoine mondial. Pour la visite, les autorités exigent une autorisation afin de comprendre la nature de la visite exercée sur l’île. Autrement, on peut faire un passage en croisière, survoler, et filmer de loin le lieu, mais s’y approcher est strictement interdit même pour les pêcheurs Souiris.

Le Mellah : au cœur du quartier juif

L’un des endroits historiques de la ville réside sans contestation dans le mellah juif qui autrefois accueillait la communauté juive souirie. Sa création date d’il y a plusieurs dizaines années et fait suite à la construction de la ville. Il a donné naissance à de petits quartiers ne pouvant pas contenir les activités fluctuantes des artisans, joailliers, et commerçants. Le quartier juif est situé sur la partie nord de la ville, à quelques mètres de la porte de la cité nommée Bab Doukala. Comme dans toutes les villes du Maroc, le Mellah a joué un rôle important dans la vie quotidienne de la population locale. Les communautés musulmanes et juives ont cohabité côte à côte pendant des siècles notamment à Essaouira qui a connu ces moments de gloire au 19ème siècle. Le port de la ville donnait à la cité un essor économique important qui la mettait dans les rangs des grandes villes au même titre que les villes impériales telles que Fès, Tanger ou Marrakech. En somme, Essaouira reste un témoin vivant de l’Histoire et prouve que l’Homme avec un grand H a su créer un modèle du vivre ensemble loin des clivages racistes, politiques et impériaux. Essaouira est aujourd’hui un lieu artistique qui a donné naissance à de grands dramaturges (comme Tayeb Sediki), à des peintres monumentaux (comme Lekhdar) et qui continue à prôner l’art et la culture à travers les siècles.

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